Parc des Expositions « Meett » : Des centaines de millions d’euros d’argent public gaspillés ?

Crise du COVID oblige, c’est presque en catimini que le nouveau Parc des Expositions d’Aussonne « Meett » est inauguré en ce mois de septembre 2020. On sera loin des images publicitaires que l’on nous avait annoncé pour un Parc des Expos de jauge internationale. Et avec la crise du transport aérien, c’est tout le pari de ce type de parc en connexion avec l’aéroport qui est en faillite.

La Commission d’enquête avait conclu en 2013 que le dossier ne contenait aucune justification économique et que Toulouse ne s’était pas posée la question de savoir si son projet ne risquait pas de mettre en difficulté les parcs d’expositions de Bordeaux et de Montpellier ; la politique de concurrence entre métropoles s’avère coûteuse et contre productive De nombreux Toulousains se demandent si le projet a été surdimensionné, s’il n’aurait pu être développé par étapes successives et ainsi coûté beaucoup moins cher aux contribuables de Toulouse Métropole, du Département de Haute Garonne et de la Région Occitanie en adaptant les dépenses aux besoins réels ?

Voici les chiffres annoncés au public il ya déjà bien des années du montant du projet : 311 millions d’euros, dont 199 millions financés par Toulouse Métropole, 45 millions par la Région et autant par le Conseil Départemental, et 22 millions par Tisséo pour les aménagements d’accès par la ligne de tramvay qui ne desservira que quelques usagers hors des périodes de Salons et d’expos ; ceux -ci seront- ils en nombre suffisant et attireront-ils autant de visiteurs et de décideurs que l’ancien Parc des Expos du Ramier en plein coeur de la Ville de Toulouse ?

Des questions, il y en a beaucoup qui viennent à l’esprit des citoyens, qui souhaiteraient recevoir des réponses précises :

* Pourquoi Toulouse a-t-elle fait le choix de surdimensionner ce projet alors que d’autres villes françaises comme Strasbourg qui avait au départ des ambitions similaires, [ou Lille, dont le projet d’extension du Parc Saint-Sauveur (40.000 mètres carrés) a, lui, été repoussé] ont eu la prudence bien avant la crise du Covid 19 de revoir le volume des investissements publics à la baisse

* Nous craignons un fort engorgement automobile autour de cette zone si des mesures alternatives ne sont pas installées, en plus de la ligne de tramway, que seuls quelques usagers utiliseront en dehors des périodes de Salons et d’expos : réseau de transports en commun connecté vers les autres communes, co-voiturage accompagné, schéma cyclable cohérent, etc.

* Alors que la Foire de Toulouse annoncée mettra en avant une « green attitude », on remarque que parmi les premières manifestations se dérouleront 2 expositions très « monde d’avant » avec les salons du camping-car et d’Auto-moto classique, après certes celui « Vivre nature » …

* Le montant de 311 millions d’euros initialement prévu a-t-il été réellement tenu et les autorités peuvent-elles garantir que cette somme n’a pas déjà été dépassée ? En résumé, combien les contribuables ont-ils dépensé pour ce projet jusqu’à ce mois de septembre 2020 ?

* Reste-t-il d’autres investissements à financer dans le seul Parc des Expos ? Comme par exemple le Centre des Conventions ? Autrement dit , la facture va-t-elle encore s’alourdir ?

* La facture va-t-elle encore s’alourdir avec les inévitables déficits structurels de fonctionnement du « Meett » pendant des décennies ? quid des contrats de délégation passés avec « GL Events » une société controversée qui a créé une filiale « Toulouse Evenements » qui réclamait encore récemment des aides financières pour équilibrer les comptes de fonctionnement de ce Parc ?

* Où en sont les mirobolants projets annexes annoncés : hôtels, restaurations, commerces, activités industrielles et de services ?

* Où en est-on sur le retour de ces investissements colossaux ? La réponse à cette question ne pourra pas être entièrement donnée ces jours-ci mais ce qui.parait probable, c’est que Toulouse aurait pu choisir de développer ce Parc par phases ou saisir l’opportunité de reconstruire un Parc d’Expositions rénové et végétalisé sur une île du Ramier totalement verte idealement situé en centre ville et à l’échelle du tissu agroalimentaire, artisanal, industriel et culturel de la région toulousaine.

Nous souhaitons que cet exemple manifeste de gaspillage de l »argent public ne se répète pas avec de futurs projets mal concus, mal calibrés, voire inutiles.

C’est pour cela que dès maintenant et dans les prochaines années, il faudra faire un travail d’inventaire précis de la la manière dont a été mené ce projet « Meett », de ses coûts et de l’ampleur réel de ses retombées.

AssociationsToulouse 2031 signataires :

* Non au gratte-ciel de Toulouse-Collectif pour un urbanisme citoyen / Contact Richard Mébaoudj 07 81 80 44 78

* Autate / Contact Marie-Pierre Bès 07 81 26 81 09

* Droit au Logement 31- Dal 31 / Contact Laurence Kantzer 06 56 82 73 08